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:: Songes et diverses viennoiseries ::

 
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Ysgalad Wilkein
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MessagePosté le: Jeu 3 Jan - 17:47 (2013)    Sujet du message: Songes et diverses viennoiseries Répondre en citant

  

Ma tête se balançait vivement sous les mouvements tendus de l'étalon que je montais. Pour mon cinquième cours d'équitation, ils avaient fait fort. Après m'avoir offert ce splendide cheval gris pommelé d'allure légère, aux membres longs et fins, (qui avait soit dit en passant un sacré caractère), mes chers parents avaient trouvé judicieux de me le faire monter seule dans notre carrière.  
 
J'étais alors dans ma huitième année, remplie d'une frousse implacable, et je m'accrochais nerveusement au pommeau de ma selle en cuir de kodo flambant neuve, les rênes saisies fermement dans ma petite main libre.  
 
L'assaut des coups de cul se révelait être effroyable, et alors que Balzan (c'était son nom) s'apprêtait à renouveler une nouvelle série plus vive que les autres, je vint chatouiller ses flancs avec la pointe de mes talons avec toute la force dont je pouvais faire preuve. Mes cheveux rouquins plaqués contre le visage, le front dégoulinant de sueur, j'ouvris la bouche, yeux exorbités.  
 
- " Balzan ! Stop ! Tout doux, là ! ", que j'avais piaillé à l'intention du bourrin.  
 
Tout s'était passé tellement vite. A vrai dire, je ne m'étais pas rendu-compte sur le moment que je volais dans les airs pour venir m'étaler de tout mon long dans le sable blanc de l'installation. Et à moi de tousser et de recracher ses misérables grins qui remplissaient ma bouche. Prise d'une certaine colère, je l'admet, j'avais foncé sur le cheval qui me regardait de son air supérieur. J'avais hurlé que l'on me replace sur le dos de cette bourique, ce qui fût fait très rapidement.  
 
- " Doucement, au pas ! Au pas ! Lààà, voilà ! C'est bien gamin, c'est bien... " l'avais-je rassuré.  
 
Eh bien oui, sachez qu'un cheval sent votre peur, et s'il se trouve qu'il ait une certaine malice, il n'hésite pas à vous tester, quelque soit votre âge, votre couleur, ou votre condition. Cependant, après avoir reprit mon calme, et après une bonne demi-heure de pas (je parle là d'un pas relativement vif, mais volontaire), je remis pied à terre, cette fois souriante et heureuse.  
 
Ma tendre mère m'attendait avec un plat de meringues, si sucrées, si douces, si revigorantes ! Ah, quel plaisir !  
 
Oh, là était sans doutes l'un des plus beaux jours de ma vie, quand bien même une quantité improbable de chutes s'en suivirent, même bien des années plus tard, mais les chevaux ont toujours eu une place privilégiée dans mon coeur.  

_________________
« Certaines batailles se gagnent en silence. » Michel Bouthot


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MessagePosté le: Jeu 3 Jan - 17:47 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Ysgalad Wilkein
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Inscrit le: 30 Déc 2012
Messages: 38

MessagePosté le: Ven 15 Mar - 18:01 (2013)    Sujet du message: Songes et diverses viennoiseries Répondre en citant

  
Nuit du jeudi 14 au vendredi 15 mars, Forgefer.



Je pioche de mes petites mains délicates dans une boîte de chocolats noirs et me permet d’en glisser un directement dans ma bouche. Je me dirige vers le berceau d’Elena qui dort à poings fermés. Elle sourit de ses magnifiques lèvres rosées, gigote un moment, se tourne et se retourne. Ses cheveux noirs me paraissent moins foncés au fil des mois, sans doutes sera t-elle brune, plus tard.

Instinctivement, je m’assure de par ma bonne ouïe que sa respiration est bonne et que je n’ai pas de soucis à me faire, puis je glisse vers un fauteuil en velours bordeaux où je prend rapidement place


A vrai dire, je m’y laisse tomber lourdement, plus par dépit qu’autre chose.

Je suis épuisée.


Mon regard se porte sur la grande horloge du séjour, il est deux heures du matin; je soupire un long moment tout en mangeant un autre chocolat et me plonge dans toute une foule de questions inintéressantes auxquelles je n’espère pas vraiment de réponses, surtout venant de moi-même. Je trouve ma reflexion totalement idiote et je secoue la tête, mes cheveux détachés battant la mesure.


Je me jette furieusement sur un autre chocolat et l’engloutit, sans pitié. C’est là, à ce moment précis que je trouve le moyen de m’endormir. Mon rêve commence lentement alors qu’Alan s’avance vers moi de sa démarche calme et mesurée, tout sourire, les bras grands ouverts pour que j’aille m’y blottir confortablement. Je trottine à sa rencontre et passe mes bras autour de lui, déposant mon front sur son torse. Il m’enlace, sans un mot, le regard amusé sur son visage d’ange. J’ai l’impression de pouvoir sentir les battements de son coeur contre ma peau et son odeur semble emplir mon nez.


- Tu m’as manqué, lui dis-je d’une voix émue. Je pensais t’avoir perdu à jamais.


- Ysgalad, je ne suis pas réellement là, me répond t-il, toujours souriant.


- Chut, que je lui murmure, je veux me souvenir de toi, encore un peu...


- Viens avec moi, me chuchote mon amour défunt.


Comme un retour dans le passé, il me prend par la main et m’emmène à travers une forêt verdoyante splendide, sur un chemin cerclé de fleurs mauves et dorées. Nous marchons durant ce qui semble être des heures, nous parlons, nous rions, je pleure, lui garde son éternel sourire. Je le questionne et il me répond, joyeux, presque amusé. Lorsque je lui demande de m’embrasser, de me prendre dans ses bras, de me dire qu’il m’aime, il s’exectute tout de suite. C’est presque trop beau. Il me couvre de compliments, il est plein de ces petites attentions qui font que l’être humain est heureux.


Soudain, c’est silencieusement qu’il m’emporte avec lui au coeur du bois. La lumière devient rare, l’on n’y voit plus grand chose et la température baisse. Nous arrivons quelques minutes plus tard au bord d’un lac sombre où l’eau est plus noire que le plumage d’un corbeau. Dans ce nouveau paysage, tout est mort. Je le regarde, incrédule.


- Où sommes-nous ? Que je lui demande, plutôt penaude mais en confiance.


- C’est là que je m’en vais, tu dois te réveiller maintenant.


Sa main glisse de la mienne et il s’avance vers le bord de l’eau. Je panique et me jette à ses pieds tentant de le retenir.


- Ne pars pas, pas encore, pas comme ça. Tu me manques tant. Je t’en supplie, restes-là, avec moi. Tu n’as pas le droit de me laisser encore, je ne t’ai jamais oublié, je n’y arrive pas.


Je le supplie, je me traîne à ses pieds. Pourtant rien n’y fait, il continue d’avancer dans l’eau. A croire qu’il me fuit. Je suis condamnée à rester sur la berge alors que lui s’en va, me laissant derrière-lui comme un vague souvenir.


- Ma vie ne mène à rien, je ne sais pas quoi faire sans toi. Tu as été l’unique amour de ma vie... Tu sais, j’ai pourtant essayé de mettre tout ça de côté, j’ai rencontré des gens qui ont fait ma part de bonheur, mais je n’y arrive pas, tu me hantes. Je n’arrive pas à aimer. Ne me laisse pas seule, je n’arrive plus à garder la tête hors de l’eau. Me laisses pas là...


Mes yeux noyés de larmes n’ont pas remarqué qu’il avait disparu. Je parlais seule, dans le vent.


Un vent glacé souffle. Est-ce comme cela que je dois finir ma vie, avec cet immense vide qui m’empêche d’avancer comme il se doit ? La solitude me ronge et pourtant je ne peux me résoudre de vivre sans. Toutes les histoires que j’ai pu vivre avec les hommes qui ont partagé mes jours étaient-elles déjà déstinées à s’arrêter avant même de commencer ? Suis-je donc maudite ?


De colère, j’empoigne le médaillon à mon cou, où notre portait est dessiné et l’arrache.


- Je te hais ! Je te hais de ne plus pouvoir me détacher de toi ! C’est ta faute ! La tienne !


Je lance le médaillon dans le lac et me réveille en sursaut, en nage. Mes yeux se posent tout autour de moi, je suis paniquée et m’effondre finalement en pleure. Je rampe vers ma fille qui elle, dort toujours. Je me plaque dos au lit de la gamine, assise en tailleur sur le sol froid, ma tête posée dans mes mains et termine ainsi ma courte nuit, le médaillon d'or toujours à mon cou.
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« Certaines batailles se gagnent en silence. » Michel Bouthot


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